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Ceux là ne sont pas de mauvais
élèves. Ils peuvent même être très brillants mais ils sont cependant affectés
par le milieu que représente une école, ou par les activités que l'on y
effectue.
Là, encore, J'ai essayé de faire un classement approximatif des cas cliniques
qui peuvent être présentés au pédiatre, et je pense n'avoir rien oublié en
étudiant successivement :
LES
ANXIEUX, LES TRAQUEURS,
LES
OBSEDES, LES
SUREXCITES, LES
SURMENES, LES
PSYCHOSOMATIQUES.
Bien souvent, les cas se
chevauchent et aucune de ces catégories n'est étanche. D'ailleurs les remèdes
choisis se recoupent souvent d'une série à l'autre. Et ils se recoupent
également avec ce que nous avons déjà dit des "MAUVAIS ELEVES".
Cependant, si on veut essayer
d'être clair, notre logique nous oblige de donner certaines définitions. j'ai
donc essayé de découper des types d'enfants dont aucun n'est tout à fait pur. Ce
sera l'art du praticien de savoir associer les types et surtout de distinguer ce
qui est le plus important dans chaque cas. Encore une fois, c'est toujours
l'ensemble symptomatique et non pas seulement un comportement qui détermine le
remède de chaque malade.
I - LES ENFANTS ANXIEUX :
je les ai peut être un peu
artificiellement séparés des peureux du chapitre précédent et des traqueurs que
nous envisagerons aussitôt après, mais je crois que leur cas n'est pas tout à
fait le même.
Les peureux sont affectés par un facteur précis: Ils ont peur, soit d'un maître
on d'une maîtresse, soit des autres enfants; alors que les anxieux le sont ainsi
pour des raisons beaucoup moins précises. C'est l'ensemble du phénomène scolaire
qui les perturbe, et quelque fois les rends malade.
Les traqueurs, par contre ont uniquement une réaction de panique par
anticipation. Ils prennent peur, non seulement de l'épreuve que représente une
composition ou une interrogation écrite. Ce qu'ils redoutent c'est la
confrontation avec les autres: ils la redoutent à l'avance et pendant la durée
de l'épreuve. Il s'agit bien d'un objet précis de peur, mais il a très nettement
ce caractère anticipatif et limité dans le temps.
L'ANXIEUX l'est constamment,
avec souvent un sentiment de crainte d'être en retard, d'arriver après que la
classe ne soit commencée et d'en avoir le reproche. Ils s'inquiètent chaque soir
pour savoir si le lendemain est jour d'école ou jour de repos. Ils se
tourmentent quinze jours avant la rentrée scolaire en imaginant toutes sortes de
choses sur la personnalité du nouvel enseignant qu'ils vont avoir à subir
pendant toute une année. Ils pensent longtemps à l'avance aux camarades qu'ils
vont perdre ou retrouver.
Pendant la classe, ils sont
généralement de bons élèves, peu turbulents et très attentifs. Ils travaillent
bien et donnent toute satisfaction à leur professeur. Si ils manquent de
confiance en eux, ils font aussi bien, sinon mieux que les autres. N'empêche qu'
ils ne sont tranquille et heureux que pendant les vacances.
Pour choisir un groupe de
remèdes possibles dans ces cas, je suis parti des rubriques suivantes
:
MANQUE DE CONFIANCE
EN SOI PEUR QUE QUELQUE CHOSE
N'ARRIVE ANXIETE CHEZ L'ENFANT
IDEES OBSESSIONNELLES
Les remèdes adaptables à l'enfance qui en ressortent sont les suivants
:
CALCAREA CARBONICA : est anxieux pour l'école comme il l'est pour beaucoup
d'autres choses aussi imprécises. Il l'est le soir dans son lit, il l'est pour
sa santé, il l'est pour la maladie ou après la mort de l'un de ses
proches.
Alors que PHOSPHORUS aura des
peurs plus précises, CALCAREA a des peurs imaginaires. Par ailleurs le travail
scolaire le fatigue et il est pris de transpirations pendant son travail tout en
gardant pieds et mains froides.
CAUSTICUM
Est anxieux pour les autres : Si le maître frappe ou punit
d'autres élèves que lui, il en ressent un malaise encore plus grand. Il imagine que cela
pourrait lui arriver et il vit toute sa scolarité dans cette
angoisse.
Comme
CALCAREA cela peut lui faire perdre une bonne partie de ses moyens, mais ce
n'est pas toujours le cas. Il va plutôt somatiser son malaise par de l'énurésie,
des crampes ou des tremblements.
LYCOPODIUM : est malade d'anxiété parce qu'il manque de confiance en lui.
Généralement intelligent., il réussit finalement assez bien à l'école, mais il
vit dans la terreur d'être interrogé et d'avoir à prendre la parole devant tout
le monde. C'est aussi un hypersensible qui a facilement la larme à l'œil. Il est
mal à l'aise dans toute collectivité, il déteste les sports d'équipe, les jeux
en groupe, mais il a également horreur d'être seul.
NATRUM MURIATICUM : Est moins anxieux que tourmenté par des idées presque
obsessionnelles d'un chagrin souvent imaginaire: il se croit mal aimé de sa
maîtresse ou de son maître auquel il porte lui même une affection exagérée. Ou
bien il se croit trahi par son ami de cœur, de celui dont il ne peut pas se
passer. L'école est un lieu de souffrance qu'il ne supporte qu'aux prix de
violents maux de tête. Son humeur est horrible, repoussant malgré lui les
moindres marques d'affection ou de simple attention de ceux qu'il aime le
mieux.
PHOSPHORUS : Est le plus
hypersensible de tous ces enfants déjà très sensibles. Le milieu scolaire est
pour lui un univers trop bruyant, malodorant, violent qu'il ne supporte pas du
tout. Il ne fait que penser à la douceur de la maison, à l'affection de sa mère,
à ses câlineries si délicieuses. C'est aussi un enfant de constitution faible
qui "ne fait pas le poids" dans les jeux et dont on se moque. En réaction il lui
arrive de prendre de terribles accès de colère, mais elle est dérisoire et mal
perçue.
II - LES ENFANTS TRAQUEURS :
C'est bien encore une variété d'anxiété, mais elle se distingue de l'anxiété
globale des enfants précédents par son caractère très limité à l'approche et à
la réalité d'une épreuve passagère. l'idée d'avoir à faire la preuve de son
savoir, écrit ou oral, devant un professeur ou un jury, le rends malade et
supprime une partie ou la totalité de ses moyens intellectuels.
L'école est bien acceptée dans son ensemble et les résultats des leçons apprises
à la maison, des activités normales sont généralement bons, mais l'idée de la
confrontation au jugement d'un adulte crée un état de panique.
Pour isoler quelques remèdes
dans de tels cas, j'ai consulté leurs rubriques suivantes :
ANTICIPATION SUITES DE PEUR
ANXIETE PAR
ANTICIPATION DEVIENT BETE
PAR EMOTION
Et j'ai retenu les remèdes
suivants :
ACONITUM NAPEL pour le trac
accompagné de palpitations de cœur , ce qui va quelquefois jusqu'à provoquer une
sorte d'angoisse, de vide intellectuel de trous de mémoire de bouche
sèche.
C'est un remède à donner
aussitôt avant les épreuves et à répéter avant chacune, si ces symptômes sont
réunis.
ANACARDIUM : Sera meilleur
pour la forme de trac accompagnée d'une sensation de complet désarroi : l'enfant
ne se croit plus capable de rien faire de bon. Il part du principe que tout ce
qu'il écrit ou que tout ce qu'il va dire est inévitablement mauvais et, presque
malgré lui, il écrit ou dit le contraire de ce qu'il aurait eu l'intention de
faire en premier lieu. C'est aussi celui qui ajoute des fautes dans sa dictée en
la relisant, alors que son premier jet était correct. Au moment de l'épreuve il
est habité par une double personnalité entre lesquelles il ne se reconnaît
plus.
ARGENTUM NITRICUM : Est malade
littéralement et physiquement avant l'examen : il a des coliques, il tremble, il
est d'une pâleur cadavérique. Dès que le texte de 1'épreuve est donné il se
précipite sur son stylo sans prendre le temps de réfléchir sur les données
exactes qui sont demandées. Il écrit n'importe quoi et bien souvent en dehors du
sujet. Il cherche une sorte de calme intérieur dans une suractivité d'écriture,
mais sa pensée reste tout à fait indisciplinée. Il a trop peur de ne pas arriver
à dire tout ce qu'il voudrait.
GELSEMIUM : a également la
diarrhée des examens, comme ARGENTUM NITRICUM, mais plutôt qu'une suractivité
cérébrale il ressent plutôt un vide intellectuel comme ACONITUM : il a
brusquement le "trou noir", le vide. Il se sent comme paralysé, ses jambes lui
manquent, il est pris de tremblements.
Comme ACONIT c'est un remède à
donner avant chaque examen à titre préventif si ces symptômes sont
réunis.
LYCOPODIUM : a une peur
terrible avant les épreuves, il en est malade comme les précédents, mais fait
plutôt une "crise de foie" plutôt que de la diarrhée. Généralement il reprend
ses moyens au moment de l'épreuve. Il a d'ailleurs beaucoup plus peur des
épreuves orales qu'écrites. C'est la personnalité du professeur et c'est le fait
d'avoir à lui parler qui lui fait le plus peur.
Ce sera un remède de fond,
plus qu'un remède du moment, comme ACONIT ou GELSEMIUM.
IGNATIA : Sera indiqué pour
l'étudiant ou l'élève qui peut déjà signaler qu'il éprouve une sensation de
boule dans la gorge ou dans la poitrine, ou qu'il a besoin de prendre de grandes
inspirations, comme s'il manquait d'air, avant les épreuves. Il est aussi de
ceux qui affirment systématiquement avoir tout raté alors qu'il sont en réalité
assez bien réussi. Dans quelques cas plus rares l'émotion d'anticipation
s'accompagne de rires ou de pleurs exagérés.
PULSATILLA : Fait des crises
de larmes dans les heures qui précédent l'examen, et se met aussi à pleurer dès
que le texte de l'épreuve est donné. Elle va perdre une bonne partie du temps
prévu à retrouver son calme et elle n'aura plus le temps de finir son exposé.
C'est une de celles qui ont le plus la bouche sèche, pâteuse, la langue collée
au palais. A l'oral, si l'examinateur ne l'encourage pas et surtout si c'est une
personne du sexe oppose, elle se trouve incapable de répondre, et là encore
fonds en larmes.
bon remède préventif, si ces
symptômes sont réunis.
MEDORRHINUM : Sera
par contre un remède de fond pour ces états, mais il sera indiqué sur des
caractéristiques plus somatiques que psychologiques. Cependant il a une forme de
trac un peu particulière : il est un des plus sujets aux "trous de mémoire". Il
sait qu'il y a quelque chose à dire mais ne peut plus le retrouver au moment
d'en parler. Par ailleurs c'est un précipité assez semblable à ARGENTUM
NITRICUM. Il voudrait aller toujours plus vite et il fait d'énormes fautes de
syntaxe, d'orthographe ou de calcul.
PHOSPHORIC ACIDUM : Sera
indiqué pour le trac du sujet surmené, pour celui qui en à trop fait avant son
examen. Il a passé pendant plusieurs semaines des nuits entières à travailler.
Il en arrive à un état d'épuisement nerveux tel qu'il sait parfaitement qu'il ne
pourra pas rassembler ses esprits, au moment de l'épreuve. C'est le plus épuisé
de tous.
ARSENICUM : Est
aussi un épuisé physique pour en avoir trop fait ou par suite d'une maladie
récente. L'épreuve lui fait donc peur, l'angoisse au point qu'il désespère,
qu'il ne croit plus en rien, qu'il en a assez de vivre. Pour essayer de calmer
son angoisse, il faut qu'il s'agite, qu'il passe constamment de son bureau à son
lit. Avant l'épreuve, il ne tient pas en place et marche de long en large,
taciturne, broyant du noir.
III - LES ENFANTS OBSEDES :
Ce sont ceux dont
le travail scolaire devient le souci dominant. Ils ne pensent plus qu'a cela.
Ils se réveillent très tôt le matin pour réviser leurs leçons et pour vérifier
qu'ils n'oublient rien dans leur cartable. Ils tardent trop le soir à aller se
coucher pour fignoler un devoir ou pour le refaire s'ils y trouvent la moindre
erreur ou omission. Les jours de repos scolaire, ils refusent de sortir ou même
simplement de jouer pour se replonger dans leurs études. Ils en perdant le boire
et le manger ... et surtout le sommeil. Ils sont brillants en classe jusqu'au
moment ou ils craquent pour en avoir trop fait.
Personne ne peut les retenir
dans cet excès de travail.
Ce comportement peut quelquefois s'expliquer par diverses motivations qui
s'imbriquent souvent.
Il peut y avoir une idée de
concurrence avec un autre élève et c'est le désir d'être le PREMIER qui le
pousse : l'orgueil. Mais s'il estime devoir tant en faire, c'est qu'aussi il
manque de confiance en lui. Par ailleurs ces sujets réussissent mieux en
général, dans les activités intellectuelles que corporelles ; ils y trouvent
plus de plaisir sinon ils ne le feraient pas. Ils présentent enfin un défaut de
jugement, un refus de l'évidence du besoin de jouer qui donne à leur attitude un
côté quelque peu obsessionnel.
j'ai donc consulté les
rubriques suivantes :
ORGUEIL MANQUE DE
CONFIANCE SOI DESIR DE TRAVAIL INTELLECTUEL
IDEES FIXES
J'y ai trouvé quatre remèdes possibles pour essayer de modifier ces états
:
LACHESIS : C'est un
orgueilleux. Et il l'est parce que jaloux des marques de faveur que son
professeur pourrait accorder à un autre élève que lui. Il en sait plus long que
tout le monde, à la maison comme en classe. Il trouve toujours d'innombrables
arguments pour soutenir ses opinions et il se lance volontiers dans
d'interminables discussions.
LYCOPODIUM : Agit moins par orgueil que par manque de confiance en lui. Il a
surtout besoin de se prouver à lui-même qu'il est le meilleur. Il est plus
perfectionniste que combattant. Nous l'avons déjà trouvé avec les anxieux et les
traqueurs : c'est par ce biais qu'il devient obsédé de travail.
NUX VOMICA : Est le maniaque dans son travail comme il l'est dans beaucoup
d'autres choses. Jamais satisfait, toujours mécontent de tout, il se réfugie
dans le travail. Et plus il travaille, plus il devient irritable, violent,
coléreux. Il en perd le sommeil : non seulement il se couche trop tard et se
lève trop tôt, mais il se réveille au milieu de la nuit, tourmenté par une
question étudiée la veille. C'est celui qui va présenter le plus vite les
symptômes de surmenage que nous étudierons un peu plus loin.
PLATINUM : Le plus orgueilleux
de tous, encore plus que LACHESIS.
Il n'est même plus jaloux des
autres tant il est convaincu de sa supériorité. Il travaille beaucoup pour ne
laisser aucune chance aux autres de lui prendre sa place de
premier.
Son attitude est d'ailleurs de
pure façade : c'est au fond un angoissé , très sensible aux vexations , malade
de peur dans certains cas.
IV - LES ENFANTS SUREXCITES :
Ce sont ceux qui
réagissent au milieu scolaire par un état d'énervement anormal, excessif. Le
bruit d'une classe enfantine, les batailles qui s'y livrent au sujet d'un jouet
ou d'un livre, les séances récréatives, les jeux, le comportement agressif ou
violent de certains enfants ou d'un enseignement, tout cela crée un climat que
certains enfants supportent mal.
Nous avons déjà vu des
réactions de peur ou d'anxiété, mais la réaction de surexcitation existe aussi.
Elle se traduit très normalement par des hurlements et le besoin de courir que
présentent presque tous les enfants à la sortie de l'école. C'est aussi le
moment des taquineries et de petites batailles que les écoliers se livrent entre
eux : on tire les cheveux des filles, on s'arrache les bonnets, on fait tomber
les cartables, on rit et on pleure.
Dans certains cas
cette surexcitation psychomotrice se perpétue pendant la classe, à la maison et
même pendant la nuit.
Des parents
signalent à leur pédiatre que, depuis l'école, leur enfant est devenu agité,
violent, coléreux, insupportable, il faut bien, faute de pouvoir arrêter
l'école, essayer de faire quelque chose, pour essayer de dégager quelque remèdes
qui pourraient se trouver utiles, J'ai consulté les rubriques suivantes
:
IRRITABILITE CHEZ
L'ENFANT MIEUX QUAND IL EST SEUL
ENFANTS
SENSIBLES ENFANTS QUI HURLENT
ENFANTS QUI FRAPPENT
d'où ressortent les quelques remèdes suivants (parmi d'autres) :
CHAMOMILLA : C'est un agité
mais aussi un violent, un coléreux. Un rien le fait entrer dans une rage folle,
hurlant et frappant des quatre membres. Certaine en perdent le souffle : ils
tombent en syncope ou en convulsions. Il a quelquefois le même genre de réaction
lorsqu'il se fait mal. Il ne supporte pas la moindre douleur.
CINA : Est très
voisin de CHAMOMILLA et souvent difficile à distinguer. Il fait aussi des
spasmes du sanglots comme le précédent, avec ou sans convulsions. Mais il a
presque toujours des troubles du sommeil importants.: cauchemars effrayants qui
continuent encore lorsqu'il semble éveillé. Il est encore plus susceptible que
CHAMOMILLA et encore plus sensible à la douleur. La verminose serait une
indication complémentaires, mais elle n'est pas du tout
indispensable.
PULSATILLA :
Traduit sa surexcitation par des sautes d'humeur constantes avec prédominance de
crises de larmes. Il n'est jamais violent ni méchant mais plutôt agaçant,
cherchant constamment à attirer l'attention sur lui en pleurnichant ou en
faisant de petites sottises. Il a essentiellement besoin que l'on s'occupe de
lui.
LYCOPODIUM :
Réapparaît encore là. Sa surexcitation est sa façon de somatiser sa timidité. Et
elle se traduit de préférence par une véritable méchanceté verbale : il faut
qu'il tyrannise son entourage . Il devient facilement grossier, utilisant
volontiers des blasphèmes et des jurons . Il ne se calme que s'il reste seul
dans sa chambre mais à condition qu'il y ait une autre personne dans la
maison.
SEPIA : Est énervé
par tout le monde et tout particulièrement par ses camarades qu'il ne peut plus
supporter. A la suite de chagrin ou de contrariétés importantes dans sa famille
ou à l'école, il rejette même ses meilleurs camarades.
Il voudrait ne
plus voir personne. Il éprouve une sorte de découragement global qui le fait
entrer en conflit avec tout le monde. Sa surexcitation à un côté plus dépressif
qu'actif.
TUBERCULINUM : a
déjà été noté dans le groupe des mauvais élèves. Il l'était par son agitation
d'"affreux jojo". Il se retrouve donc tout naturellement ici car il est bien
difficile de déterminer si c'est le milieu scolaire lui même qu'il ne supporte
pas et qui le rend ainsi, ou l'inverse. Si, en tout cas on note chez un enfant
fragile, une hérédité tuberculeuse on aura toujours intérêt à commencer le cas
par une dose de Tuberculinum. Et elle peut suffire à modifier considérablement
le caractère de l'enfant.
V - LES ENFANTS
SURMENES :
Ce
sont ceux qui ne supportent pas le rythme de vie que l'école impose, soit par le
simple fait de l'importance exagérée, pour eux, que représente le nombre
d'heures de travail intellectuel, soit parce qu'ils ont, par ailleurs des
activités extra scolaires qui augmentent leur temps de travail, et surtout
diminuent leur temps de repos ou de jeux.
Nous avons déjà
noté que certains enfants s'imposent à eux même un excès de travail par le fait
d'une sorte d'obsession. Ils font plus qu'il ne leur est demandé. Mais il en est
qui sont surmenés en dehors de toute volonté personnelle. Ils sont de loin les
plus nombreux. Cela est le fait : soit d'une exigence particulière de certaine
enseignants ; soit d'une sévérité anormale de certains parents ; soit d'une
sorte d'enchaînement fatal qui fait que l'enfant est pris dans un tourbillon :
école, plus musique, plus gymnastique, plus danse, plus atelier artisanal, plus
sport les jours de repos. Certains enfants en arrivent à avoir des horaires de
travail qu' aucun adulte ne supporterait.
Cette suractivité
entraîne une fatigue intellectuelle et quelquefois corporelle, généralement le
manque de sommeil aggrave les choses et en tout cas ces enfants manquent de ces
moments de détente que représentent les jeux. Même si le sport ou les activités
physiques compensent un peu cette carence en "distractions" elles ne les
remplacent pas complètement par le fait que ce sont encore des activités
encadrées. L'imagination et l'agressivité personnelle de l'enfant ne s'y libère
pas autant que dans les jeux isolés ou collectifs qu'ils entreprennent
spontanément entre eux.
Le résultat
général de ce surmenage est souvent une baisse de l'attention, de la vigilance
en classe ; ensuite se manifestent souvent des troubles du caractère et du
sommeil ; et puis, un beau jour le refus total d'aller plus loin : dégoût du
travail et aversion plus ou moins prolongée pour tout de qui ressemble à des
études et à une discipline.
La thérapeutique
ne consiste évidemment pas à donner un remède pour modifier cet état de chose.
Il faut toujours, en accord avec parents et maîtres, réviser les emplois du
temps de l'enfant et en supprimer tout ce qui n'est pas
l'essentiel.
Si, à l'approche
de certains examens, le programme strictement scolaire ne peut pas être allégé,
il faudra, au moins obtenir un temps de sommeil suffisant (10 heures minimum
pour moins de 10 ans, 9 heures de 10 à 14 ans), et une journée par semaine
d'arrêt complet, pour jouer, dormir, flâner ou faire de la musique.
A ce moment
seulement une thérapeutique pourra peut-être aider à récupérer un meilleur
rendement.
Les symptômes que j'ai pris
comme guide sont :
SUITE DE TRAVAIL
INTELLECTUEL FATIGUE APRES TRAVAIL
INTELLECTUEL EPUISEMENT APRES
TRAVAIL INTELLECTUEL
Les remèdes
qui en ressortent sont :
AURUM METALLICUM : pour les
cas les plus avances avec cet état de refus de tout, y compris de vivre qui peut
se produire si on arrive tard pour intervenir.
LACHESIS : Pour ceux qui se
plaignent d'être surtout épuisée le matin, même après un bon sommeil, ils sont
incapables de tout effort intellectuel jusqu'à midi, mais, par contre,
travailleraient encore fort tard dans la nuit. Ils perdent la notion d'heure.
Ils ont toujours du retard dans leur travail mais perdent encore beaucoup de
temps en conversations inutiles avec quelque camarade.
LECITHIN (graisse phosphorée de l'œuf) se trouve avoir un peu les mêmes
propriétés que PHOSPHORUS. Ce remède a été utilisé pour cette raison de façon
presque spécifique pour favoriser le travail intellectuel, en basses
dynamisations à donner tous les jours pendant des périodes de surmenage et de
préparation d'examens.
LYCOPODIUM : Réapparaît encore
ici comme dans presque tous les autres chapitres de cet exposé. Il est alors
indiqué pour les sujets perfectionnistes qui ne sont jamais tout à fait content
de ce qu'ils ont fait et qui refont plusieurs fois leur travail. Leur plus
mauvais moment est le soir, à partir de 17 heures et jusqu'au repas du soir.
Ensuite ils peuvent à nouveau veiller pour travailler.
NATRUM MURIATICUM : Sera pour
ceux qui manifestent leur surmenage par des maux de tête. Ce sont des céphalées
très violentes, entraînant une sorte d'obnubilation intellectuelle. L'enfant se
mets à maigrir tout en mangeant bien. Il pourrait présenter un désir de sel
assez typique.
NUX VOMICA : est un surmené
qui devient grincheux. Plus il en fait, moins il supporte la plus légère
observation. C'est celui à qui ses parents n'osent plus adresser la parole
pendant les périodes de préparation d'examens. Ils savent que tout sera pris de
mauvaise part. Ces sujets se plaignent souvent d'insomnies du milieu de la nuit,
vers 3 ou 4 heures du matin.
PHOSPHORUS : Est
le déprimé qui perd la mémoire. Il ne peut plus rien mémoriser et en arrive à
lire des textes sans les comprendre. Son attention lui échappe. Il a besoin de
bouger, par moments, de sortir prendre l'air, mais l'exercice physique l'épuise
rapidement. Il est pris d'appréhensions, de peurs inexplicables. Le plus gênant
est qu'il a la sensation que sa tête se vide de sa substance .
THUYA : Sera
indiqué si l'état de fatigue s'accompagne d'idées fixes, de sensations internes
curieuses et inexplicables, d'hypersensibilité à la musique qui se met à la
faire pleurer.
VI - LES PSYCHOSOMATIQUES :
J'entends par là les enfants
qui présentent des manifestations fonctionnelles diverses, induites par le
malaise qu'ils ressentent à l'école. Il existe alors un trouble local qui est
d'ordre réflexe et involontaire, mais d'origine psychique.
Les lieux de prédilection de ces troubles sont :
* Le domaine
urinaire * Le domaine digestif
* Le domaine cardio-respiratoire * Les
organes des sens * La peau et peut-être les muqueuses.
Dans
tous les cas, les consultations médicales sont motivées par quelque trouble
fonctionnel, mais à l'interrogatoire il apparaît assez vite que ce trouble est
très nettement en rapport avec la fréquentation de l'école, ou un événement
survenu pendant une période scolaire plus ou moins proche.
Il est difficile,
dans le cadre de cette étude, de passer en revue toutes les pathologies
psychosomatiques de l'enfant qui, d'ailleurs est ou sera étudiée, dans d'autres
parties de ce travail général.
Disons ici simplement qu'il
s'agit le plus souvent :
d'INCONTINENCE
URINAIRES de PERTES DE
SELLES de CRISES DE VOMISSEMENTS OU DE
DIARRH?ES de DOULEURS THORACIQUES
ANGOISSANTES de DIFFICULT?ES RESPIRATOIRES
SANS SUPPORT ORGANIQUE (Asthme) de TROUBLES DE
LA VUE de CRISES DE DERMATOSES (urticaire,
eczématides, voire ALOPECIES)
de CRISES DE RHINO PHARYNGITES
dans lesquelles il est souvent difficile de discerner.
Ce qui est dû à l'infection ou à la contagion microbienne, et ce qui est dû à la
souffrance affective que représente la séparation du milieu familial, surtout
chez un enfant jeune, en début de scolarité.
Je
signalerai simplement ici ce qu'il faut alors considérer comme symptôme
étiologique à placer dans une des premières places pour déterminer le remède
utile :
SUITE DE PEUR
SUITE DE COLERE AVEC
VEXATION SUITE DE
CHAGRIN SENSATION D'ETRE ABANDONNE
SUITE
D'ANTICIPATION LANGUIT LA MAISON
SUITE DE
REMONTRANCES SUITES DE
VIOLENCE
et d'une façon très générale :
SUITE DE CHOC AFFECTIF
Les autres symptômes avec
leurs modalités seront à découvrir selon le trouble invoqué et selon l'ensemble
des caractéristiques de l'enfant concerné.
Il serait bien surprenant que
ce tout symptomatique ne corresponde pas à un remède. Un des domaines dans
lequel l'homéopathie est efficace et utile est bien précisément celui des
troubles psychosomatiques .
Tout l'art du
praticien sera d'établir la corrélation entre les symptômes et le
remède.
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