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Définition La grippe est
une maladie infectieuse et contagieuse, due aux Myxovirus influenzae A, B et C,
évoluant sous la forme de grandes pandémies entrecoupées de petites épidémies
saisonnières localisées et dont la gravité varie en fonction de l'épidémiologie.
Epidémiologie La grippe est l'une des maladies les plus anciennes que
l'on connaisse. Elle se manifeste sous deux formes : - des épidémies
saisonnières - et des épidémies mondiales ou pandémies qui sont
indépendantes des saisons. Au cours de notre siècle actuel, trois pandémies
ont été recensées : - la grande pandémie de "grippe espagnole" de 1918 -
1920 provoquée par le virus grippal A (H1N1) : plus de 20 millions de morts et
environ 1 milliard de malades - la pandémie de "grippe asiatique" de 1957
provoquée par le virus A (H2N2) : 98 000 morts aux Etats-Unis - et la
pandémie de "grippe de Hong Kong" en 1968 provoquée par le virus A (H2N2) : 18
000 morts en France Pendant les périodes interpandémiques, la grippe sévit
sous forme d'épidémies d'ampleur variable de novembre à avril sans compter les
cas de grippe isolés et sporadiques existant chaque année dans différents pays
d'Europe et qui sont sans conséquence.
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Le
virus de la
grippe 1
- Origine du virus Les réservoirs animaux
joueraient un rôle important dans l'apparition de nouveaux variants chez
l'homme. On pense notament que les oiseaux sont l'hôte original des virus de la
grippe et que les virus grippaux aviaires constituent un gisement important de
gènes viraux. Il est maintenant démontré que les virus aviaires peuvent se
transmettre directement à l'homme et provoquer des cas humains de grippe. Les
pandémies de grippe prennent souvent naissance en Extrème-Orient où la
population très dense vit en contact étroit avec les animaux.
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- Les différents types de virus Le virus de la grippe appartient à
la famille des Orthomyxoviridae. Ce sont des virus enveloppés à ARN simple brin
de polarité négative. Ils ont une forme sphérique de 80 à 100 nm de
diamètre. Il y'a trois types de virus grippaux : les Influenza virus A, B et
C. Le type A mute avec une grande facilité, permettant de distinguer des
sous-types (H1N1, H2N2, H3N2) et des variants dans les sous-types :
H3N2.
Les grippes provoquées par les virus A et B se
ressemblent et il est impossible de les dinstinguer sur le plan clinique. Quant
aux symptômes provoqués par le virus C, ils sont proches de ceux d'un simple
rhume et se limitent à une expression sporadique. La surface des virus est
hérissée de spicules. Les virus A et B en comportent deux types :
l'hémagglutinine et la neuraminidase. Ce sont en fait des antigènes de surface.
Les virus A et B sont constitués de 8 segments d'ARN tandis que le virus C
lui n'en comporte que 7. Dans le cas du virus de type C, il n'y a qu'une sorte
de spicule qui regroupe les fonctions assurées par les hémagglutinines et la
neuraminidase des autres virus grippaux.
Les virus sont déterminés par la qualité de la
nucléoprotéine qui est un antigène interne et qui est peu variable.
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- Cycle de réplication virale Six phases dans le cycle du virus de
la grippe : - attachement : la particule virale se fixe sur une cellule
épithéliale respiratoire grâce à son récepteur, l'hémagglutinine, qui se lie à
l'acide sialique terminal des glycoprotéines de la membrane cellulaire. -
endocytose : la particule virale est englobée au sein d'une vésicule
d'endocytose. L'hémagglutinine change alors de conformation ce qui permet la
fusion entre la membrane endosomale cellulaire et la bicouche lipidique virale.
Les mucléocapsides sont alors libérés dans le cytoplasme cellulaire. -
réplication virale : le génome des virions grippaux sert de matrice à une
ARN-polymérase. Chaque cellule infectée peut produire plusieurs centaines de
virus - synthèse protéique : le virus détourne le métabolisme cellulaire pour
synthétiser ses propres protéines. - bourgeonnement : les virions néoformés
se forment par bourgeonnement à la surface de la membrane cellulaire. -
libération des virions néoformés et dissémination dans l'épithélium respiratoire
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- Mécanismes évolutifs des virus de la grippe Les virus de la grippe
sont variables selon deux mécanismes distincts : Les glissements
antigéniques Dans ce cas, les variations antigéniques sont mineures. Les
gènes codant pour les protéines de surface vont subir des mutations qui vont
entrainer des modifications mineures du virus. Le nouveau variant étant assez
similaire du précédent, l'immunité conférée par une grippe contractée
précédamment protégera contre le nouveau variant. Mais au bout d'un certain
nombre de modifications, une différence antigénique s'installe laquelle aboutit
à une moindre reconnaissance du nouveau virus par les systèmes immunitaires qui
ont rencontré ce virus dans le passé. Ce phénomène oblige au changement des
souches vaccinales plus ou moins régulièrement ce qui explique que la plupart
des épidémies sont souvent mineures ou de moyenne importance. Les cassures
antigéniques Ce deuxième phénomène, aussi appelé "saut antigénique",
peut-être plus grave car il est à l'origine des pandémies. Il va en effet donner
naissance à un nouveau virus très différent de ce qui existait déjà. Celui-ci
est issu d' importantes variations antigéniques : il s'agit en général de
changements radicaux de la structure d'un ou deux antigènes de surface
(hémagglutinine et/ou neuraminidase). Ce virus hybride appelé "réassortant"
contre lequel l'immunité pré-existante et le vaccin préparé avec les souches
précédentes ne protègent pas, va gagner le territoire. C'est la
pandémie. Transmission du virus de la grippe La grippe est hautement
contagieuse. Elle se transmet d'un sujet infecté à un sujet sain via les
goutelettes d'eau que notre corps expulse sous forme d'aérosols pendant la
respiration, l'éternuement, la toux, l'écoulement nasal.... Pour être infecté,
il faut en respirer une dose suffisante, et offrir un terrain favorable. Une
fois que le virus de la grippe se sera fixé aux récepteurs des cellules, le
virus grippal va immédiatement les envahir et les forcer à produire de nouveaux
virus ce qui les achèvera.
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Symptômes La période d'incubation du virus de
la grippe dure de 24 à 48 heures. Après cette période d'incubation, les
premières manifestations physiques provoquées par la maladie se font ressentir.
A noter qu'une personne est contagieuse pendant environ 6 jours, y compris le
jour qui précède le début des symptômes. Les symptômes traduisent en fait la
réaction immunitaire de notre organisme : - asthénie - maux de tête -
frissons - douleurs musculaires et articulaires - fièvre parfois intense
(39-40°C) Le tout peut être accompagné de congestion nasale,
pharyngite, toux. C'est à ce moment là que les complications peuvent survenir
car l'épithélium des organes respiratoires est irrité, les cellules affaiblies
ou mortes. De ce fait, des agents pathogènes peuvent profiter de la brèche
ouverte par le virus de la grippe pour pénétrer notre organisme et s'y
développer à leur tour. Dans ce cas seulement des antibiotiques peuvent être
indiqués. Le rétablissement est complet chez la plupart des sujets en une à
deux semaines.
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Traitement
1 - Traitement prophylactique : la vaccination Il n'existe
pas actuellement de thérapeutique totalement efficace pour traiter les
infections dues au virus de la grippe. La vaccination reste donc la meilleure
arme en terme de santé publique pour lutter contre l'infection grippale.
*Composition du vaccin Le vaccin contre la grippe est
composé de particules virales inactivées. Il est donc impossible, contrairement
à ce que croient encore certains, que la vaccination antigrippale cause la
grippe.
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La composition du vaccin n'est pas la même d'une année sur l'autre,
elle varie en fonction du contexte épidémiologique. Elle tient compte notament
des observations du réseau mondial de laboratoires, coordonnés par
l'Organisation mondiale de la santé et qui ont pour fonctions d'isoler et
d'identifier les virus de la grippe circulant autour du monde et donc
d'identifier les nouvelles souches de virus de la grippe.
*Administration du vaccin Le vaccin antigrippal est
administré sous forme d'une injection intradermique à renouveler tous les ans.
L'immunité apparait 10 à 15 jours après la vaccination et dure un an. Il existe
cependant quelques contre-indications : les tares organiques sévères, l'allergie
à l'oeuf.
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Les effets secondaires de la
vaccination contre le virus de la grippe sont mineurs : un endolorissement à
l'emplacement de l'injection peut être ressenti. *Efficacité du
vaccin L'efficacité de la vaccination est établie mais la
couverture à 100% n'existe pas. On estime que le vaccin antigrippal est efficace
au mieux dans 80% des cas. De plus, le vaccin ne protège que contre
certaines souches de la grippe. On peut donc être vacciné contre la grippe et
être infecté par la maladie. Dans ce cas, la gravité et la fréquence des
complications sérieuses de la grippe sont
réduites.
2 - Traitement curatif : la thérapeutique antivirale Chez les
individus de bonne composition générale, il n'est pas nécessaire de suivre un
traitement. Il suffit d'appliquer une thérapie très basique qui consiste à
rester au lit, au chaud, boire beaucoup, dégager le nez, faire baisser la
fièvre, et utiliser des désinfectants pour limiter la contagion.
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Sinon, on peut avoir recours aux antiviraux. Antiviraux Les
antiviraux se fixent sur une partie d'un composant du virus qui échappe à toute
modification. Ils agissent en bloquant la neuraminidase, enzyme essentielle à la
libération du virus. Celui-ci reste donc prisonnier des cellules hôtes ce qui a
pour effet de limiter l'infection. Ils réduisent les symptômes de la maladie
ainsi que sa durée (réduction de 36 à 60 heures). Par conséquence, ils
permettent de diminuer fortement les complications sérieuses responsables de la
plupart des décès. Amantadine et Rimantadine Disponible uniquement sur
ordonnance médicale, ils sont très peu utilisés en Europe. La rimandatine n'est
d'ailleurs plus disponible en France. On a parfois recours à eux pour
protéger les personnes qui se sont trouvées au contact d'une personne infectée
ou pour des personnes qui peuvent mal réagir à la vaccination contre la grippe.
Le coût et la frèquence des effets secondaires de ces traitements ne permet
pas un usage habituel. Relenza et GS 4104 Le zanamivir, commercialisé
sous le nom de Relenza par les laboratoires Glaxo-Wellcome, est le premier
antiviral contre les infections dues au virus de la grippe de type A et B.
Son mode d'action : il inhibe l'enzyme présent à la surface des virus A et
B, la neuraminidase, indispensable à la dissémination du virus grippal. En
effet, en coupant la liaison hémagglutinine-acide sialique terminal, elle permet
aux particules virales de se dissocier de la membrane cellulaire. Dans ce cas,
les virions restent agglutinés à la surface des cellules respiratoires
infectées. Ce médicament est délivré sous prescription médicale, non
remboursé par la sécurité sociale, chez l'adulte et l'adolescent (à partir de 12
ans). Un autre traitement, le GS 4104, signé Hoffmann-Roche, est en dernière
ligne des essais cliniques. Pour prescrire un de ces produits, le médecin
doit être sûr qu'il s'agit d'une grippe. C'est pourquoi, en même temps que les
antiviraux, un test capable de fournir un diagnostic en 15 - 30 minutes est
disponible. Les antibiotiques Ils traitent
uniquement les complications de la grippe, ils sont impuissants contre le virus.
Le paracétamol, certains
anti-inflammatoires faiblement dosés, ou l'aspirine sont l'essentiel du
traitement. Il faut pafois utiliser des médicaments pour réduire la toux ou les
troubles digestifs (nausées, diarrhée) mais aucun de ces produits ne vise à
détruire le virus. Le traitement de la grippe vise à atténuer les symptômes,
cependant que la maladie guérit d'elle-même. Il existe des
médicaments anti-viraux spécifiques ( inhibiteurs de la neuramidinase,
notamment). Chez le sujet non fraginlisé, ils raccourcissent un peu la durée et
l'intensité des symptômes. Leur prescription n'est pas indispensable, car leur
intérêt est modeste. Ils peuvent être discutés chez le sujet fragilisé.
Traitement Les antiviraux contre la grippe
Le vaccin anti-grippal
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Les effets du vaccin antigrippal sur la
santé Les avantages du vaccin antigrippal
l'emportent largement sur les risques. Le vaccin ne peut causer la grippe, car
il ne contient aucun virus vivant. L'effet secondaire le plus couramment observé
est une sensibilité au point d'injection, qui peut durer quelques jours.
D'autres effets, comme la fièvre, la fatigue et les douleurs musculaires,
peuvent se manifester dans les six à douze heures après la vaccination ; ils
disparaissent après une journée ou deux. Après avoir reçu un vaccin antigrippal,
certaines personnes souffrent du syndrome oculo-respiratoire, une affection qui
se caractérise par une rougeur aux yeux et des symptômes respiratoires tels que
la toux, une respiration sifflante, une gêne respiratoire, des difficultés
respiratoires ou un mal de gorge. La plupart du temps, les symptômes sont bénins
et disparaissent après 48 heures. Les réactions allergiques sévères au vaccin
antigrippal sont rares. Le syndrome de Guillain-Barré, une maladie auto-immune
qui s'attaque au système nerveux et occasionne de la faiblesse et des sensations
anormales est un des effets secondaires possibles, bien que rares, du vaccin
antigrippal. La plupart des sujets atteints se remettent toutefois complètement
de la maladie. Le risque d'être atteint du syndrome de Guillain-Barré à la suite
d'un vaccin antigrippal est de l'ordre de un sur un million. La principale
raison pour se faire vacciner contre la grippe est de se prémunir contre ses
effets. De plus, cette précaution contribuera à protéger la santé d'autres
Canadiens et à réduire les répercussions de la maladie sur le système de
santé.
Réduire les
risques Le meilleur moyen de se protéger contre la
grippe est de se faire vacciner chaque automne. La vaccination antigrippale est
particulièrement indiquée pour les groupes suivants : · les enfants des
6 à 24 mois ; · les adultes et les enfants atteints d'une maladie
cardiaque ou pulmonaire chronique ; · les personnes vivant en centre
d'hébergement ou en établissement de soins chroniques ; · les personnes
de 65 ans et plus ; · les personnes atteintes d'une affection chronique
comme le diabète, l'anémie, le cancer, l'immunosuppression, l'infection par le
VIH ou une maladie du rein ; · les enfants et les adolescents qui
reçoivent un traitement prolongé à l'aspirine ; · les travailleurs de la
santé, les soignants et les contacts familiaux susceptibles de transmettre le
virus aux groupes vulnérables précités ; et · les personnes susceptibles
de subir les complications de la grippe et qui se rendent dans des régions où le
virus grippal est probablement en circulation. Certaines personnes ne
devraient pas se faire vacciner, notamment les enfants de moins de six mois et
les personnes qui ont déjà souffert d'une allergie sévère aux oeufs ou à un
vaccin. Se laver les mains fréquemment est un autre moyen de réduire le
risque d'infection par contact avec des surfaces contaminées. Si vous
attrapez la grippe, vous devriez consommer plus de liquides (eau, jus, soupes)
et vous reposez pendant sept à dix jours. Il existe aussi de nouveaux
médicaments contre la grippe. Si vous en prenez dans les 48 heures après
l'apparition des symptômes, vous pourrez peut-être réduire d'un jour ou deux la
durée de la maladie. Les complications de
la grippe
Les complications de la grippe sont essentiellement
respiratoires. Il s'agit de pneumonies dues au virus grippal, ou parfois à une
bactérie qui "surinfecte" le poumon à l'occasion de la grippe. Les complications
sont rares, et concernent avant tout le sujet âgé, ou fragilisé par une maladie
chronique (insuffisance respiratoire chronique, insuffisance cardiaque,
diabète...): c'est pourquoi ces personnes, à risques de complication, doivent
impérativement être vaccinées chaque année contre cette affection.
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