LES MALADIES SEXUELLEMENT  TRANSMISSIBLES
      MST
 
 
 
      
 
 
 
Définition
Une maladie sexuellement transmissible est une maladie infectieuse susceptible de se transmettre lors de rapports sexuels (homosexuels ou hétérosexuels). Il existe un grand nombre de MST, parmi lesquelles : la gonococcie génitale ou "chaude pisse", la syphilis, l'herpès génital, la chlamydiose, la condylomatose. Des virus comme ceux des hépatites (A et B), du sida (VIH) se transmettent aussi par voie sexuelle.
Ces maladies sexuellement transmissibles sont dues à des infections pouvant se transmettre au cours des rapports sexuels(IST :Infections sexuellement transmissibles ). Il faut noter que certaines de ces infections ne sont pas exclusivement sexuellement transmissibles. Une mycose vaginale, le VIH (virus du Sida), le virus de l'hépatite B ou de l'hépatite C, par exemple, peuvent survenir chez une femme ou un homme qui n'ont jamais eu de rapports sexuels.
 
 
Les signes cliniques.
Dans les deux sexes:
L'apparition de ganglions inguinaux.
Une éruption cutanée.
Une vésicule ou une ulcération génitale.
Une excroissance cutanée ou muqueuse ayant un aspect irrégulier (condylome).
Une arthrite.
Des signes ano-rectaux,
Chez l'homme :
Un écoulement urétral,
Des picotements ou des brûlures en urinant,
Des douleurs en éjaculant,
Des rougeurs sur la verge,
Des douleurs au niveau des testicules.
Chez la femme :
Des pertes blanches
Des douleurs pelviennes,
Des douleurs lors des rapports,
Des démangeaisons, un picotement ou une gène vulvaire.
Un gonflement des lèvres,
Des saignements en dehors des règles.
Tous ces signes cliniques nécessitent impérativement une consultation médicale et, seul votre médecin, lors de l'examen clinique, ou en s'aidant d'examens myco-bactériologiques ou sanguins, pourra vous dire si vous souffrez d'une IST, et de quelle IST vous souffrez.
Il faut noter aussi que certaines de ces IST ne touchent pas à en premier la sphère génitale, ce qui rend leur diagnostic parfois tardif.
 
Les symptômes
Différents symptômes sont la manifestation d'une contamination par une MST. Ces symptômes peuvent être discrets, mais il ne faut jamais les négliger.
Chez la femme :
"  Des pertes vaginales blanches (leucorrhées).
"  Des démangeaisons vulvo-vaginales ou urétrales.
"  Des sensations de brûlure lors des rapports sexuels
"  Des boutons, des verrues, une plaie indolore ou de petites lésions douloureuses sur les organes génitaux, l'anus, la bouche.
"  Des douleurs au bas ventre.
"  Des saignements en dehors des règles.
Chez l'homme :
"  Des écoulements à l'extrémité de la verge (urètre).
"  Des démangeaisons génitales.
"  Des sensations de brûlure en urinant.
"  Des boutons, des verrues, une plaie indolore ou de petites lésions douloureuses sur les organes génitaux, l'anus, la bouche.
"  Des douleurs aux testicules.
 
Pour interrompre la chaîne de transmission.
En cas d'infection, prévenir le, la ou les partenaires pour qu'ils se fassent examiner et éventuellement traiter le plus tôt possible. La chaîne de la transmission est ainsi interrompue.
Suivre intégralement le traitement prescrit par le médecin.
En cas de rapports sexuels pendant le traitement, toujours utiliser le préservatif.
Une personne qui a été atteinte par une MST n'est cependant pas immunisée contre cette maladie.
On peut être atteint(e) plusieurs fois de suite par une même maladie sexuellement transmissible, surtout si son, sa ou ses partenaires n'ont pas été examinés ni traités.

 
Les facteurs de contamination.
Une ou plusieurs MST se transmettent lors de rapports sexuels sans préservatif avec une personne infectée (une rupture de préservatif peut également être une cause de transmission). Les agents infectieux se transmettent par le vagin, la bouche, l'anus, l'urêtre. Les MST ne se transmettent pas par les gestes de la vie quotidienne (poignées de main, utilisation d'objets courants, etc...), ni par l'utilisation d'équipements publics (toilettes, piscine, etc...).
 
classification par agent pathogène
Je ne citerai que les principales IST en indiquant l'agent pathogène et les signes cliniques les plus fréquents.
IST d'origine bactérienne :
*Mycoplasme : vaginite et urétrite.
*Chlamydia : cervicite, urétrite, salpingite, arthrite, pneumopathie.
*Neisseria gonorrhée : vaginite, cervicite, urétrite, salpingite, arthrite, lésions cutanées.
*Gardnerella vaginalis, bactéries anaérobies, et Streptocoque B : vaginite, urétrite, salpingite.
*Treponema pallidum : syphilis.
IST dont l'origine est un protozoaire :
Trichomonas : vaginite, urétrite.
IST d'origine virale :
Herpes : vésicule, ulcération, picotement, gène ou brûlures localisées, mais parfois vive douleur locale.
Virus de l'hépatite B et C : signes d'une hépatite
VIH : maladie SIDA.
Papilloma virus : condylomes, risque de cancer du col utérin. Le papillomavirus est responsable de 70% des cancers du col utérin. A noter que depuis peu, il existe un vaccin préventif des condylomes pour les jeunes filles qui n'ont pas eu de rapport.
Cytomégalovirus : avortement et infection néonatale

Classification par affection

I - Affections Bactériennes  
 
   1. La Syphilis :
http://www.atlas-dermato.org/cours/syphilis.htm
Due au tréponème pale (spirochète). Rare de nos jours, véritable fleau autrefois. Se guérit bien maintenant.
Contamination vénérienne, rarement non vénérienne (Laborantins, médecins) plus rarement indirecte (objets de toilette, W.C.). Contamination parfois congénitale.
*Evolution de la maladie.
Période d'incubation: 15 à 20 jours, aucun signe.
Période primaire : (Syphilis Primaire)
Apparition d'un chancre : (Ulcération rosée sur une base indurée) se situant sur la zone de contact (verge, vulve, amygdales).
Association d'un ganglion satellite (inguinal).
Période secondaire : Syphilis secondaire. S'étend du 2ème mois à la 3ème, 4ème année.
Apparition de la roséole et des plaques muqueuses (vulve, région anale, bouche).
Apparition de plusieurs éruptions cutanées intéressant tout le reste du corps.
Période tertiaire et quaternaire : Apparaît dans un délai de 5 à 10 ans.
Affection touchant tous les organes (gommes syphilitiques), cerveau, foie, moelle épinière, et.).
*La Biologie.
   Apparitions d'anticorps appelés réagines qui seront mises en évidence par diverses réactions.
        BW, Kline, VDRL, Kolmer, Nelson, TPHA, FTA.
*Traitement.
    La Pénicilline (sous toutes ses formes)
     Se guérit bien de nos jours.

    2. Le Chancre Mou : http://soscoeurendetresse.oldiblog.com/?page=lastarticle&id=695474
Dû au bacille de Ducrey, rare sous nos climats.
Contamination : Directe
*La maladie.
    Incubation: 2 à 6 jours
   Période d'état : Ulcération profonde creusante grisâtre, douloureuse sur base molle. Pas de ganglion satellite.
*La Biologie
    Intradermoréaction de Dmelcos
    Recherche directe du bacille de Ducrey
*Traitement
    Streptomycine, auréomycine

    3. La lymphogranulomatose vénérienne : http://www.sida-info-service.org/informer/vih/lgv.php4
La maladie de Nicolas-Favre est due à 3 sérotypes de C. trachomatis. Elle est devenue exceptionnelle dans les pays développés. La lésion est un micro-chancre indolore situé sur les organes génitaux externes ou dans le vagin. Il existe souvent des adénopathies satellites unilatérales très inflammatoires qui peuvent se fistuliser spontanément. Le diagnostic repose sur la mise en culture de C. trachomatis à partir des lésions ou sur des réactions sérologiques très positives (2 1/256) par micro-immunofluorescence. Le traitement repose sur un anti-chlamydien type cycline pendant 20 à 30 jours.
*la maladie
   Phase primaire
        Aprés 15 jours d'incubation apparition d'un chancre (érosion à contours polycycliques) accompagné de plusieurs gros ganglions inguinaux allant donner du pus (pomme d'arrosoir) le tout accompagné d'une fièvre à 38 - 39°.
    Phase de généralisation
        Donne ensuite des lésions cutanées et ostéo-articulaires.
    Phase tertiaire
        Oedemes génitaux,
        Eléphantiasis.
        Ulcérations et adénopathies.
*Biologie
    Réaction de FREI + (inoculation au cerveau du rat).
*Traitement
    L'AUREOMYCINE.
    CYCLINES

    4. La gonococcie :http://www.msd.medcost.fr/php/manuel_pays/13inf177.php
Dû au germe Neisseira gonnorhea. Fréquent sous nos climats, douloureux chez l'homme, se soigne bien mais peut laisser des séquelles compromettant la fertilité surtout chez la femme.
Contamination :
    Presque toujours vénérienne. Rarement par objets interposés (serviettes, WC).
*La maladie :
    Chez l'homme:
             Infection localisée à l'urètre pénien entraînant des brûlures intolérables lors des mictions (Chaude pisse, lames de rasoir). Ecoulement urétral associé. Peut évoluer vers l'atteinte de la prostate des vésicules séminales et des épididymes.
   Chez la femme :
 Peu douloureux, atteinte la vulve l'urètre, l'orifice cervical. Simple écoulement indolore. Peut gagner rapidement les trompes et constituer un salpingite.
*La Biologie :
    Mise en évidence du germe à l'examen direct.
*Le Traitement :
    Traitement par antibiotiques (Ampicilline, Kanamycine, Rovamycine, etc.). Possibilité de traitements minute (1 seule prise d'une forte dose d'antibiotiques).
    Grave par les séquelles possibles de stérilité chez l'homme et chez la femme. Grave par l'existence de porteuses saines pouvant contaminer les partenaires.

    5. Les chlamydiae : http://www.microbe-edu.org/etudiant/chlamydia.html
Micro organismes Gram Négatifs véritables parasites intra cellulaires responsables d'urétrite, cervicites, conjonctivites et pneumopathies.
    Sexuellement transmissibles.
*La maladie
   Représentent 30% des infections génitales chez l'homme et chez la femme. Peuvent être caractérisées par des écoulements urétraux chez l'homme, des leucorrhées (pertes blanches) et des douleurs pelviennes chez la femme.
    Mais la plupart du temps ces infections sont sans symptômes et il existe pas mal de sujets dits porteurs sains.
    La principale complication des chlamydioses est représentée par la possibilité de se propager à bas bruit vers le haut appareil génital (trompes par exemple) pouvant entraîner une STERILITE.
*La Biologie
    Le diagnostic est fait par la mise en évidence du germe lui même ou par la présence d'anticorps dans le sang circulant.
*Traitement
    Se traite bien  par certaines catégories d'antibiotiques, les cyclines par exemple. Existence récente de traitements antibiotiques minutes en une seule prise.
 
    6. Mycoplasmes : http://anne.decoster.free.fr/chlamyri/mycopl.htm
Extrêmement fréquentes, elles sont dues à plusieurs variétés de champignons dont le plus fréquent est le candida albains.
    Sexuellement transmissibles mais pas exclusivement. Possibilité de contagions diverses.
*La maladie
    Pertes blanches et démangeaisons chez la femme, rougeurs et boutons chez l'homme. Extrêmement désagréable mais entraînent rarement de graves complications. Parfois difficile à s'en débarrasser.
*La biologie
    Mise en évidence directe au microscope des champignons.
*Traitement
    Application locale de produits antifongiques, ovules, parfois traitements par voie générale.
 
    7. Hémophilius vaginalis : http://www.bacterio.cict.fr/bacdico/gg/gardnerella.html
Bacille gram Négatif sexuellement transmissible exclusivement. Très fréquent sous nos climats
*La maladie
    Simple vaginite avec brûlures et pertes blanches malodorantes chez la femme. L'homme est généralement porteur sain mais contamine. Rarement de complications.
*La biologie
    Mise en présence possible de l'agent infectieux par examen direct.
*Traitement
    Par antibiotiques spécifiques et traitement local. Possibilité de traitements minutes.
    Entero, strepto, staphylocoques
 
 
 
 
II - Affections Mycosiques  

    1. Candida Albicans :
http://www.esculape.com/gynecologie/mycoses_vaginales.html
Extrêmement fréquentes, elles sont dues à plusieurs variétés de champignons dont le plus fréquent est le candida albains.
    Sexuellement transmissibles mais pas exclusivement. Possibilité de contagions diverses.
*La maladie
    Pertes blanches et démangeaisons chez la femme, rougeurs et boutons chez l'homme. Extrêmement désagréable mais entraînent rarement de graves complications. Parfois difficile à s'en débarrasser.
*La biologie
    Mise en évidence directe au microscope des champignons.
*Traitement
    Application locale de produits antifongiques, ovules, parfois traitements par voie générale.
 
 
 
 
III - Affections Parasitaires

   1. Trichomonas :
http://www.vulgaris-medical.com/encyclopedie/trichomonas-4641.html
   Parasite des voies uro-génitales surtout chez la femme et sexuellement transmissible.
*La maladie
        Pertes blanches et brûlures vulvo-vaginales chez la femme. Peu de signes chez l'homme (urétrite parfois). Pas de complications généralement.
*La biologie
    Parasite facilement mis en évidence par l'examen direct au microscope.
*Traitement
    Antibiotiques et anti parasitaires spécifiques par voie locale et générale.

   2. Oxyurose vulvaire
  Les oxyures sont des petits vers contaminant la vulve depuis le tube digestif (anus). Ils peuvent être transmis au partenaire au cours des relation sexuelles.
*La maladie
    Démangeaisons ano-vulvaires. Pas de graves complications.
*Traitements
    Produits spécifiques par voie générale et locale.
 
    3. Gale
   Due au parasite Sarcoptes scabiei hominis, elle se transmet par contact sexuel direct ou par l'intermédiaire du linge et de la literie. La triade symptomatique comporte les lésions de grattage, dues au prurit rapidement généralisé, le sillon et la vésicule perlée. Cette dernière, située à l'extrémité du sillon, est provoquée par l'acarien. Le traitement consiste à traiter tous les membres de la famille par badigeonnage du corps avec un produit type Ascabiol et à désinfecter linge et literie au DDT.

    4. Les morpions (Phtiriose pubiennes)
Parasites bien connus, cousins germains du pou de la tête mais ne peuvent vivre que dans les poils pubiens (car plus gros). Bien sûr sexuellement transmissibles à 95% des cas. Possible transmission par les objets (draps de lit).
*La maladie
    Démangeaisons importantes partout où se trouvent des poils avec lésions de grattage (excoriations).
*La biologie
    Reconnaissance facile du morpion à la simple loupe. Lentes (œufs) accrochés sur les poils.
*Traitement
    Par application locale de produits spécifiques, rasage, et stérilisation de tous les sous vêtements, draps susceptibles d'avoir étés en contact avec le parasite. Les morpions deviennent de plus en plus résistants aux produits classiques d'où la difficulté parfois de nos jours à en venir à bout.
 
 
 
 
IV - Affections Virales   

    1. SIDA : vu son importante et pour plus de détails voir
http://sebiv.ifrance.com/
 

    2. Herpes :
Dû au virus Herpes homini de Type 2, alors que le Type 1 intéresse classiquement d'autres parties du corps à savoir le visage. Mais de part les pratiques sexuelles actuellement de plus en plus variées il n'est pas exceptionnel de retrouver du Type 1 au niveau des parties génitales.
    La contamination est sexuelle, directe. Elle se produit par contact lorsqu'il y a lésion cutanée ou muqueuse par l'herpès. Cependant on commence à décrire des contaminations par des porteurs d'herpes alors qu'il n'y aucune lésion extériorisée.
*La maladie
    La primo infection.
        Caractérisée par l'apparition d'une brûlure puis rougeur puis vésicules et ulcérations au niveau de la vulve généralement au point de contact. Cet épisode est très parlant car très douloureux. Il s'accompagne généralement de quelques ganglions. Traité ou pas cet épisode va guérir spontanément mais le virus va rester à vie dans l'organisme caché dans un ganglion pour réapparaître de temps à autre et suivant le trajet d'un nerf refaire surface à la peau, c'est l'herpes génital récurrent.
           A l'occasion de fatigue, règles, exposition au soleil, stress etc. l'herpes se re-extériorise réalisant de nouveau brûlure, rougeur, vésicule et ulcération. Douloureux bien sur mais moins que lors de la primo infection.
*La biologie
    Le virus de l'herpès peut être mis en évidence par cultures intra cellulaires, par recherche d'anticorps dans le sang et par réactions spécifiques au niveau des prélèvements.
*Traitement
    L'Herpes se traite par des anti-viraux administrés par voie générale et locale. L'efficacité du traitement dépend de la précocité de la mise en place du traitement. Ne sont traitées que l'herpes primo infection et les récurrentes. Il 'y a pas de moyen d'éradiquer complètement le virus une fois qu'il a pénétré notre organisme. Le principal médicament est l'ACYCLOVIR.
 
    3. Condylomes (Crêtes de coq)
Végétations au niveau de la sphère génitale (vulve, col de l'utérus) dues au Papilloma virus (HPV). Contamination par contact sexuel direct, les excoriations cutanéo-muqueuses facilitant l'entrée du virus.
    La plupart des condylomes sont dus a des HPV bénins, mais dans 5% des cas à des HPV doués de pouvoir oncogène c'est à dire que les lésions condylomateuses qu'ils entraînent peuvent à la longue dégénérer en cancer.
*La maladie
    D'abord démangeaisons puis apparition de végétations caractéristiques (type verrues), isolées, groupées voire en chou fleur parfois douloureuses à l'entrée de la vulve et autour de l'anus chez a femme. Possibilité d'atteinte au niveau du col de l'utérus et des parois vaginales. Là ces lésions ne pourront être mises en évidence que par un examen gynécologique adéquate.
    Chez l'homme, même type de végétations au niveau de l'anus,de la verge et du gland.
*Biologie
    Mise en évidence et possibilité de typage du virus.
*Traitement
    Les lésions peuvent et doivent être détruites par application de produits locaux spécifiques, par cryothérapie, par electro-coagulation mais le traitement de choix est la vaporisation des condylomes par le LASER Co2.
 
   4. Cyto mégalovirus
Le CMV est un virus à DNA appartenant à la famille des herpès virus humains (HSV5)
*Épidémiologie actuelle
    La transmission peut s'effectuer outre la transmission materno foetale prénatale ou perpartum par voie sanguine (transfusions leucocytaires) ,lors de greffes , par simple contact extra- sexuel (salive, allaitement maternel) et par voie sexuelle. Ce dernier mode a été confirmé par de nombreux travaux, étudiant notamment la présence du virus chez les partenaires de conjoints porteurs du CMV [56]. De même, la prévalence du CMV est majorée dans les populations d'homosexuels mâles suivis pour MST. Une étude de l'OMS citée par Embil a retrouvé des anticorps anti CMV dans la moitié des populations de donneurs de sang de la plupart des pays. Une autre étude canadienne indique une séro prévalence qui augmente avec l'âge, pour atteindre 52 % de la population à partir de 40ans [58].
*Particularités cliniques
   Chez l'adulte, I'infection à CMV est presque toujours asymptomatique, même si on a décrit différents tableaux: syndrome mononucléose-liLe, hépatite bénigne, pneumonie, syndrome de Guillain-Barré...
Moyens du diagnostic
    Les infections cliniquement significatives s'accompagnent d'une virémie. L'isolement par cultures cellulaires sur fibroblastes humains à partir de l'urine, des sécrétions sexuelles (ou du sperme) constitue la méthode classique, peu à peu supplantée par les techniques d' amplification géniques type PCR. Des méthodes indirectes et moins sensibles (utilisation d'anticorps monoclonaux et coloration par méthode peroxydasique) ont été proposées.
    Des techniques sérologiques (fixation du complément, immunofluorescence indirecte...) permettent de rechercher les anticorps anti-CMV.
    Le diagnostic positif est fondé sur la maladie clinique et l'isolement viral (cultures, PCR). Une infection à CMV peut être en outre suspectée en cas de maladie clinique et d'élévation (plus de 4 x) du titre des anticorps anti-CMV[59].
Association avec d'autres MST
   Le CMV est une des infections virales opportunistes les plus graves chez les malades atteints du SIDA. Des signes d'infection à CMV ont été retrouvés à l'autopsie chez 90 % des patients souffrant du SIDA. En cas d'immuno-suppression le virus latent peut à tout moment donner une infection active.
*Principes thérapeutiques
   Il n'existe pas actuellement de traitement codifié efficace vis-à-vis duCMV. L'aciclovir donne néanmoins certains résultats encourageants: il réduirait le risque d'infection après greffes de moelle osseuse chez les séropositifs et prolongerait la survie [60]. De même, le valaciclovir (Zélitrex0) semble prometteur.
    Les mesures préventives sont en revanche importantes et efficaces: mesures d'hygiène pour éviter le contact avec les sécrétions infectées (salive, urines, sang, sperme). L'usage du préservatif empêche efficacement la transmission du CMV [61].
*Perspectives d'avenir
   Plusieurs équipes tentent de mettre au point un vaccin anti-CMV. Les difficultés sont grandes, qui tiennent autant au manque de compréhension de la pathogénie des infections qu'aux risques génétiques potentiels de tels vaccins.
 
    5. Hépatites virales
        Nous ne traiterons ici que des hépatites B (virus VHB) et C (virus VHC) pour lesquelles nous disposons d'études précises. L'hépatite A n'est pas véritablement concernée ici; le virus D ne peut se répliquer qu'en présence du VHB et l'hépatite E, relativement rare en Europe, est assez mal connue. Les virus des hépatites, en particulier des hépatites B et C, peuvent se transmettre par voie sexuelle.
L'hépatite B
*Épidémiologie actuelle
      La prévalence de VHB a partout nettement progressé depuis 20 ans. On observe cependant une incidence du virus très variable selon les pays voire les régions. L' Europe constitue, face à l'Asie ou l'Afrique, une zone de faible risque, la France s'y situant dans le groupe intermédiaire, avec une prévalence de l'Ag HBs entre O,l et O,5 % [67]. Dans de tels pays de faible endémie, I'activité sexuelle représente une des principales modalités de transmission du VHB. Si, historiquement, ce sont les homosexuels masculins qui représentaient le groupe à risque, la diffusion de l'infection se fait aujourd'hui essentiellement par voie hétérosexuelle [68].
*Particularités cliniques
      Insistons seulement sur la fréquence des porteurs sains, qui facilitent la diffusion de l'infection. Environ 10 % des patients contaminés feront une hépatite chronique.
*Moyens du diagnostic
        Le virion complet (particule de Dane) sera présent dans le sang en phase de réplication active. Par ailleurs, les différents marqueurs sont:
            - Ag HBs, premier marqueur détectable, il est fugace_4 à 12semaines_sauf si passage à la chronicité;
            - Ac HBc, de type IgM, ils sont présents précocement. De type IgG, ils persistent indéfiniment sans préjuger de la guérison ou non;
            - Ac HBs se positivent après 3 mois et témoignent de la guérison;
            - Ag HBe, témoin de la réplication virale, il apparaît tôt. Sa persistance témoigne de la persistance de l'infection;
            - Ac HBe, moins fréquemment recherchés signent en règle générale la guérison;
            - Recherche du DNA viral (technique PCR...) qui, si positive,confirme la persistance de la réplication virale.
*Principes thérapeutiques
      Nous ne développerons pas ici la stratégie thérapeutique d'une hépatite chronique active, qui repose essentiellement sur l'interféron. Nous insisterons en revanche sur l'intérêt d'une politique vaccinale, recourant notamment à des vaccins recombinants [69]. Oublions la récente polémique sur les risques non confirmés à ce jour de cette politique de vaccination. L'expérience internationale confirme l'intérêt d'immuniser avant l'adolescence pour éviter la propagation par voie sexuelle. L'OMS et les CDC américains, pour ne citer qu'eux, recommandent de telles politiques [70].
Hépatite C
        Le VHC, découvert en 1989, est un virus à RNA enveloppé.
*Épidémiologie actuelle
      Le VHC est largement présent dans la population européenne. En France, 500000 à 2 millions de personnes seraient séropositives [71]. La contamination se fait essentiellement par voie sanguine et la voie sexuelle, fortement suspectée, n'a pas été formellement démontrée [72, 73]. La séroprévalence est nettement plus élevée chez les patients consultants des centres MST, chez les prostituées et les homosexuels (de 6 à 20 %) que dans la population générale (O,5-1,4 % chez les donneurs de sang) [74].Néanmoins, on peut considérer que ce mode de transmission reste relativement marginal comparé à la voie sanguine. Une enquête étudiant la séroprévalence de sujets dont les conjoints hémophiles étaient séropositifs, fait état d'un taux stable de 4,1 % [75].
*Particularités cliniques
      Une hépatite aiguë est constante. Si 20 % des cas guérissent ensuite définitivement, la grande majorité des cas évoluent vers la chronicité, avec risque de cirrhose (20 % dans les 20 premières années suivant la contamination) et d'hépato-carcinome [71].
*Moyens du diagnostic
      Le dépistage consiste en la recherche des Ac anti-VHC (test ELISA).
        L'isolement du RNA viral par PCR est possible dans le sérum.
        Insistons sur le fait que toutes les études de séroprévalence retrouvent la fréquente co-infestation par VHC et VIH [73].
*Principes thérapeutiques
      Le seul traitement préconisé est l'interféron alpha. Il ne reste qu'à espérer qu'un vaccin s'avère techniquement possible et permette d'immuniser les groupes à risques.